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La promulgation de la Loi habilitante, par laquelle le chef de l’Etat est autorisé à légiférer par décrets, a intensifié la campagne médiatique qui, aux niveaux national et international, accuse le président vénézuélien d’autocratisme.
Dans la pratique, ce qualificatif peut se justifier, indépendamment de la loi en question. N’importe quel spécialiste des sciences du comportement remarquera que le système de gouvernement actuellement en vigueur au Venezuela correspond, dans son essence, à ce que l’on appelle un régime charismatique, une catégorie qui implique la concentration du pouvoir en une seule personne, à laquelle une grande partie de la population attribue des qualités exceptionnelles.
Mais ce cadre politique n’est pas le résultat d’une action coercitive ou d’un chantage. Il est la conséquence - le spécialiste en conviendra également - d’une désagrégation des institutions politiques, sociales et économiques du pays due à leur inefficacité. L’accession au pouvoir de l’actuel président a été le résultat d’un processus électoral qui l’a opposé non pas à des organisations politiques, mais à d’autres leaders charismatiques. Ces derniers se sont présentés comme des rivaux, pour ensuite abandonner la scène politique. Ils ont agi de manière irresponsable vis-à-vis de leurs partisans. Ces derniers ont été articulés par la suite par une médiacratie, avec la majorité des parlementaires élus. Les médias ont agi comme fer de lance des intérêts des grands chefs d’entreprises nationaux étroitement associés aux transnationales qui cherchent à contrôler le marché international. Et de cette manière, elles cherchent à ordonner politiquement le système international dans le cadre d’une nouvelle logique impériale.
Manifestement, l’effondrement des institutions a annihilé le contrat social existant. Mais, contrairement à ce que aurait fait un autocrate, le « leader » a convoqué le pouvoir constituant, une démarche préalablement approuvée par référendum à une écrasante majorité des Vénézuéliens. Une fois la nouvelle charte constitutionnelle ratifiée au terme d’un même processus référendaire, les pouvoirs publics ont été relégitimés. Bien que passablement désarticulée, l’opposition a obtenu une représentation parlementaire importante, qui lui aurait permis de mener un débat politique dans le cadre du jeu démocratique (jeu gagnant-gagnant). Mais sa conduite n’a pas été démocratique. Elle a préféré la polémique, soutenus par le gouvernement des Etats-Unis, dans un jeu à somme nulle, et ont transformé le débat d’idées en lutte de pouvoirs. A ce jeu, ils se sont abstenus de participer aux dernières élections parlementaires [en décembre 2005], laissant ainsi cette instance du pouvoir public sous le contrôle absolu des forces dirigées par le président Chavez. Cette stratégie a permis sa réélection et une diminution sensible du soutien populaire aux forces conservatrices. Aussi, dans ces circonstances, personne ne peut nier la vocation démocratique de celui qui indiscutablement contrôle le pouvoir d’Etat.
Logiquement, la Loi habilitante confère au chef de l’Etat la faculté de légiférer sans passer par les procédures requises pour la formation des lois. D’une certaine manière, comme c’est le cas dans les régimes caractérisés par la séparation des pouvoirs -il s’agit d’une compétence, même limitée -, que le pouvoir exécutif partage avec le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire, qui la régule au moyen de ses règles constitutionnelles. Traditionnellement, au Venezuela, dans la pratique politique, il appartient au pouvoir exécutif de légiférer et d’adopter des résolutions ou d’autres types de normes qui complètent les instruments juridiques. Dans le cadre de cette coutume constitutionnelle, il est admis - et dans la constitution en vigueur, ce n’est pas une exception - que le chef de l’Etat est habilité à légiférer par décrets. Cela s’est fait de nombreuses fois au cours de notre histoire politique, sans susciter le discrédit qui, actuellement, est jeté sur le président en exercice. Dans ce contexte, le battage médiatique dont le but est de disqualifier le président Chavez est un acte de pouvoir destiné à exacerber les contradictions internes. Cette action, qui coïncide avec l’offensive de la Maison Blanche contre le régime politique vénézuélien, est un véritable acte de terrorisme international : par des moyens psychologiques et politiques, elle a pour objectif d’intimider et de déstabiliser moralement et socialement la population, d’annihiler la résistance des organes du pouvoir et de manipuler la politique de l’Etat et le comportement des citoyens. C’est une arme utilisée dans le nouveau type de guerre que mènent les Etats-Unis dans le cadre des « opérations rapides et décisives » (Rapid Decisive Operations, RDO), des opérations qui n’ont été ni déterminantes, ni expéditives, loin s’en faut. Une conduite qui a mené les Etats-Unis à des « guerres prolongées », avec des coûts matériels et humains insupportables, même pour l’économie et le prestige de ce centre du pouvoir mondial.
Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Touche pas au Venezuela.
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Source : Aporrea.org (http://www.aporrea.org/), 3 mars 2007.
Traduction : l’équipe du RISAL (http://www.risal.collectifs.net/).
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